Devenir parent, pour les aspirants pères que nous sommes, est une montagne d’incertitudes que l’on affronte avec souvent rien de plus qu’une petite tape dans le dos pour nous encourager, un peu comme partir à l’assaut de l’Everest armé d’une pelote de ficelles. L’allaitement maternel, de retour en force dans nos réalités parentales, est sûrement l’une des plus grosses inquiétudes de l’aspirant père dans la mesure où il ne sait pas du tout qu’elle sera sa place dans toute cette histoire de nutrition naturelle. Y’a de quoi s’y perdre, après tout, à quoi peut-il servir ce parent qui ne produit pas de nourriture ?
La question semble bête, voire idiote, mais plusieurs pères ressentent vraiment cette peur de l’inutilité quand viendra le temps de subvenir aux besoins de son enfant allaité. Si tel est votre cas, rassurez-vous, vous n’êtes absolument pas seul. Derrière tout l’orgueil et la fierté que nous affichons en présentant notre poupon à nos amis et nos proches, se cache un père qui à la tremblote et qui se cherche une place dans la vie de son bébé. C’est d’ailleurs très facile d’envier la relation intime que partagent une mère et son bébé allaité. Pour ne pas tomber dans ce piège de l’envie, il est primordial pour un père de développer à son rythme une relation intime avec son enfant. Voici deux astuces d’apparences simples qui font des miracles (ou presque).
Premièrement, n’ayez pas peur de peur de recréer le contact charnel que la mère partage avec son enfant lorsqu’il se nourrit à même sa poitrine. Le peau à peau peut aussi venir du père et c’est d’ailleurs une superbe occasion de se sentir proche de son bébé. Alors, messieurs, faites tomber la chemise et accoutumez votre enfant à se calmer et se reposer sur votre peau. C’est un brin étrange au début, je vous le concède, mais la proximité survient très rapidement et si vous établissez la relation jeune, elle deviendra naturelle et apaisante pour votre enfant lorsqu’il sera plus grand et, souvent, plus turbulent. Les bras forts d’un père à l’écoute sont très réconfortants pour un enfant.
Ensuite, imposez-vous dans la routine de votre poupon (sans forcer les choses bien sûr). Avant et après les boires, par exemple, proposez-vous pour prendre l’enfant et le remettre dans son lit ou dans son aire de jeu. Vous ne serez pas l’âne de service pour autant, loin du compte. C’est plutôt une façon facile et efficace d’être présent dans le quotidien de votre bébé, d’alléger la tâche de la mère qui est souvent hypothéquée physiquement lors des boires et aussi de permettre à votre enfant de rapidement vous identifier comme un élément stable et rassurant dans sa jeune vie.
Plus votre enfant grandit, plus vous vous sentirez à votre place à ses côtés. Mais pour se faire, il faut bien gérer le fait qu’à ses premières semaines au monde, votre bébé ne sera pas visuellement reconnaissant de vos efforts. Vos doutes seront doublés d’une sale impression de travailler dans le vide. Mais n’oubliez jamais qu’une intimité ça se développe et comme la maman part avec une longueur d’avance sur vous physiologiquement parlant, il faut user de ruse et de patience pour s’attirer les faveurs de votre poupon chéri.
N’ayez donc pas peur, embrassez le doute et soyez présent. C’est complexe et plein de nuances, mais en fin de compte, vous ne serez jamais plus heureux qu’en observant votre progéniture profondément endormie contre vous.












